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Le sanctuaire gallo-romain

Saint-Martin-au-Val, un gigantesque sanctuaire

Autricum (Chartres antique) était dotée d'un des plus grands sanctuaires de la Gaule romaine connus à ce jour. Ce dernier dit de "Saint-Martin-au-Val " est implanté dans un espace périurbain de la ville antique à moins d'un kilomètre au sud du centre administratif et politique de l'époque, dans l'actuel quartier Saint-Brice. 

 

Le bâtiment de 6 ha (200 m par 300 m) se compose d'un quadriportique et de pavillons d'angle enserrant une cour de plus de 4,5 hectares. Le temple, construit en semi-hors-oeuvre du portique, se situe vraisemblablement sous la rue Vangeon, dans le prolongement de l'église Saint-Martin-au-Val.

Un chantier gigantesque d'une cinquantaine d'années

Les premiers travaux débutent il y a près de 2000 ans, aux environs des années 70/80 de notre ère. L'emplacement choisi, en contre-bas de l'actuel quartier Saint-Brice, est à cette époque un marécage, fréquemment affecté par les débordements de l'Eure.

Cette contrainte ne refrène en rien les architectes. A renfort de plusieurs milliers de tonnes de remblais, provenant probablement des carrières (site rue de Reverdy), les ouvriers rehaussent et assainissent toute la zone. Ils entaillent une partie du coteau afin de créer une immense esplanade qui facilitera l'acheminement des divers matériaux de construction.

Dans un premier temps, les efforts se concentrent sur les murs des pavillons d'angle et des portiques qui ceinturent la cour intérieure. Vers les années 120/130 apr. J.-C., la construction de pièces rectangulaires (exèdres) et semi-circulaires (abside) est effective le long de la façade monumentale.

Après une cinquantaine d'années, et probablement des investissements faramineux, le bâtiment sort de terre et prend forme.

Une construction interrompue

Les décennies qui suivent sont marquées par un arrêt brutal de la construction, au moins dans l'angle nord-est du monument. Cette partie du bâtiment semble alors totalement abandonnée jusqu'au début du IIIe siècle apr. J.-C., et, quand l'activité reprend, force est de constater que les perspectives ont changé.

Les murs sont en partie détruits afin de récupérer les silex pour d'autres chantiers ; les colonnes, chapiteaux et blocs en calcaire sont transformés en chaux dans des fours découverts au nord du sanctuaire ; des bronziers refondent les alliages cuivreux à proximité de l'exèdre nord ; de grandes fosses sont creusées dans la cour et en façade du monument pour enfouir les divers déchets issus du démantèlement du bâtiment. Le site devient alors une carrière à ciel ouvert et pendant 80 ans environ, tout ce qui peut être récupéré est recyclé.

Il semble  qu'un abandon de ce grand complexe monumental est relativement précoce dès le début du IIIe siècle apr. J.-C.. Plusieurs interrogations attendent encore des réponses. Les causes de ce changement de programme peuvent être multiples : projet trop ambitieux ? Mauvaise gestion ? Problème d'approvisionnement ?...

Une période trouble

Le statut religieux du lieu semble rapidement changer puisque l'on profite d'une grande fosse de récupération (49 m de long pour 8 m de large) en façade du pavillon d'angle nord-est pour enterrer plus d'une centaine de corps entre les années 270 et 280 apr. J.-C.

Jetons de jeux, vaisselle en verre, restes d'animaux, éléments de parure et poteries brisées y sont jetés en vrac avec les corps qui regroupent à la fois des adultes, des enfants et des bébés. Ces dépôts humains et de matériel, dans un espace éloigné de la ville, seraient survenus à la suite d'une épidémie.

Les recherches archéologiques

Les prospections des XIXe et XXe siècles confirment la présence d'un impressionnant site cultuel d'époque gallo-romaine. Depuis 2006, les archéologues municipaux fouillent la partie nord-est du site sous les anciens abattoirs rue des Bas-Bourgs. Du fait de son intérêt majeur, cette fouille est déclarée "programmée" par le Ministère de la Culture en 2011. Elle mobilise chaque année les archéologues d'avril à juillet.

Pour en savoir plus, consultez en ligne :
- les rapports scientifiques
- Archéo n°11

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