Nos découvertes : vestiges et collections

Rue du Bourgneuf

 

Responsable scientifique : Jérémie Viret

La fouille menée sur le site du Bourgneuf en 2017 a permis de mettre en évidence une occupation qui s’étend de la préhistoire jusqu’à la période moderne/industrielle.

Plusieurs pièces lithiques du paléolithique, en position résiduelle dans des structures plus récentes, constituent les plus anciens témoignages d’une présence humaine dans le secteur (350 000-300 000 av. J.-C.). L’implantation durable d’une communauté humaine semble commencer au Néolithique ancien (6000- 2200 av. J.-C.). 

Il faut attendre la période gallo-romaine pour qu’une occupation pérenne voit le jour entre la période augustéenne (Ier siècle av. J.-C.) et la fin du IIIe siècle.

Après un abandon à la fin de l'Antiquité, le site fait de nouveau l’objet d’une fréquentation durant la période mérovingienne (VI-VIIIe siècle). Deux fonds de cabane, des fossés et des fosses pourraient indiquer la présence d’un habitat proche. Une sépulture constitue le premier indice de pratiques funéraires sur le site, pratiques qui se poursuivent durant l’époque carolingienne (IX-XIe siècle). Un puits maçonné suggère qu’un habitat est toujours présent dans le secteur aux VIIIe-IXe siècle (cf. ci-contre). Des galeries souterraines sont probablement liées à l’exploitation du sous-sol. 

Au XIIe siècle, plusieurs sépultures marquent l’implantation d’un véritable cimetière, probablement en lien avec la collégiale Saint-Maurice connue par les textes mais dont les vestiges ne sont pas connus. L’occupation pour le reste du site reprend à ce moment.

Durant les XIIIe-XIVe siècles, l’habitat semble se densifier comme l’attestent la présence de plusieurs caves. Certaines pourraient être en lien avec la collégiale Saint-Maurice dont les vestiges ont été mis au jour. En effet, un angle du bâtiment se situe dans l’emprise de fouille.

Entre la fin du XIVe siècle et le milieu du XVe, le site semble être en grande partie abandonné. Une reprise de l’urbanisation paraît avoir lieu entre la fin du XVe et durant le XVIe siècle. Deux moules à cloches ont été trouvés dans l’église. Pour les XVIIe-XVIIIe siècles, les vestiges de bâtiments annexes à un couvent ont été mis au jour dans la partie nord du site. La destruction complète de l’église Saint-Maurice intervient à la fin du XVIIIe siècle. A ce moment et jusqu’à la construction du collège Jeanne d’Arc, des fosses de plantation recouvrent le reste du site et paraissent appartenir à des vergers et/ou des jardins ornementaux.

La fouille d'un puits : un plongeon dans le passé !

Lors de ces fouilles, un puits carolingien a fait l’objet d’une fouille intégrale. La découverte de puits anciens pose plusieurs problèmes à l’archéologue. Le plus important est d’ordre pratique et logistique. Comment fouiller en toute sécurité une structure dont la profondeur peut atteindre plus de dix mètres en général, et parfois plus de quarante mètres ? Plusieurs solutions sont envisageables.

Le puits peut être fouillé manuellement jusqu’à 1,30 m de profondeur, ce qui correspond aux préconisations de sécurité pour n’importe quelle excavation sans avoir besoin de recourir à un blindage ou un talutage. Cette méthode pose cependant plusieurs problèmes. Seuls les couches superficielles du puits sont fouillées. Elles correspondent à l’abandon du puits et ne renseignent pas la date de construction et de fonctionnement de ce dernier. De plus, elle peut mettre en danger la sécurité des fouilleurs si les comblements du puits sont instables en raison de la présence d’un bouchon formé au-dessus d’une partie encore vide du puits, un affaissement en cours de fouille est toujours possible.

Le recours à une fouille mécanique est de ce point de vue moins dangereuse et plus rapide. L’excavation peut être réalisée à la pelle mécanique, parfois jusqu’à atteindre le fond du puits. Mais dans ce cas, des paliers de sécurité de 1 m doivent être prévus tous les 1,30 m de profondeur si les archéologues veulent s’approcher du puits. Dans le cas contraire, seule une étude « de loin », prise de photographies et mesure des dimensions, est envisageable.

La méthode la plus sûre et la plus respectueuse des enjeux scientifiques consiste à réaliser une fouille intégrale du puits avec le concours d’une équipe spécialisée dans ce type d’intervention. Plusieurs organismes privés ou publics proposent ce service et ont reçu des autorisations spéciales qui répondent à des exigences de sécurité draconiennes. Les fouilleurs sont attachés à un treuil par un baudrier. Ce dispositif permet de les descendre dans le puits au fur et à mesure de la fouille et de les en faire ressortir rapidement en cas de danger.  Un second treuil permet d’évacuer les sédiments et le mobilier. Le dispositif de fouille doit aussi être équipé de pompes pour évacuer l’eau souvent présente lorsque le fond du puits est atteint, d’appareils destinés à mesurer la présence de gaz toxiques dans le conduit du puits, de spots pour l’éclairage de celui-ci. Ainsi, à la manière d’un puisatier, l’archéologue est en mesure de « creuser » le puits une seconde fois et de le libérer des comblements qui l’obstruent.

Pour en savoir plus

Consultez en ligne : Archéo n°29

Les objets du site

Pour visualiser un gobelet mérovingien, cliquez ici.

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