Expo « Ô Moyen Âge ! Les Mérovingiens en pays chartrain » – Ville de Chartres

Vos rendez-vous !

2020 – 2021 : Ô Moyen Âge ! Les Mérovingiens en pays chartrain

Grâce aux fouilles archéologiques récentes, partez à la découverte du haut Moyen Âge et plus particulièrement de l'époque mérovingienne !


Visite virtuelle de l'exposition


Ô Moyen Âge !

La Ville de Chartres et la direction de l’Archéologie de Chartres métropole ont le plaisir de s’associer au Musée des Beaux-Arts, à la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Centre-Val-de-Loire, à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap), à la société archéologique Éveha afin de vous proposer un premier aperçu de Chartres et de son agglomération au cours du « haut Moyen Âge » ou « premier Moyen Âge ». Cette période dénommée aussi « altomédiévale » couvre à elle seule plus d’un demi-millénaire (Ve - XIe siècle). Une part importante de cette exposition sera consacrée au très haut Moyen Âge : l’époque mérovingienne (Ve au VIIIe siècle). Cette exposition propose aux visiteurs une immersion au coeur d’une période encore trop méconnue du grand public. Située entre les fastes architecturaux de l’Antiquité romaine et du Moyen Âge classique, et souvent qualifiée de «temps barbares», elle conserve une image obscure.

Pourtant, bien au-delà des clichés, cet épisode a vu le couronnement de Clovis, le premier roi de tous les Francs dont le royaume porte la genèse de notre « France actuelle». La culture romaine sera progressivement intégrée par les mérovingiens afin de créer un système politique original et novateur.

De l’église de Saint-Martin-au-Val, en passant par le village mérovingien de Gellainville pour arriver au parvis de la cathédrale, le parcours de l’exposition vous fera voyager à travers la vie en ville ou à la campagne, pour s’achever sur l’incroyable technicité artisanale de cette époque : Ô Moyen Âge !


Chartres entre Antiquité et Moyen Âge

Entrez dans l'ère mérovingienne !

Vincent Acheré (Chartres métropole)

À la fin du Ve siècle, la Gaule est encore romaine et en grande partie christianisée. Différents peuples germaniques ont depuis deux siècles largement participé, en tant qu’auxiliaires, aux campagnes militaires romaines et à la protection de la Gaule. Ces Germains, constitués entre autres de Francs, de Wisigoths et de Burgondes, sont devenus plus puissants que les romains. Ils ont conclu un traité avec Rome, qui leur a donné des terres en échange d’un appui militaire.

Clovis, premier roi de tous les Francs, petit-fils de Mérovée et fils de Childéric, souhaite dominer une partie de la Gaule située entre Seine et Loire. Lors de la bataille de Soissons en 486, il bat
l’armée du général romain Syagrius. Cette victoire lui assure la domination sur le nord de la Gaule.

Le pouvoir exercé par les rois mérovingiens décline après la mort de Dagobert Ier en 639. Leur règne s’éteint avec la déposition de Childéric III en 751 par Pépin le Bref, premier roi carolingien.

 

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Chartres aux temps mérovingiens

Au Ve siècle, Chartres est une cité de province nommée la Lyonnaise Quatrième. À cette époque, une certaine distance s’installe entre les élites et le pouvoir central de Rome. Les villes reprennent alors leur nom celtique : Autricum laisse place à Carnotensis urbs (la cité des Carnutes) qui donnera plus tard «Chartres».

Une partie du pouvoir est aux mains des évêques. Si quelques mentions incertaines évoquent le début de l’épiscopat au IVe siècle, il faut attendre le VIe siècle pour attester la présence d’évêques à Chartres grâce à leur participation à différents conciles. Chartres n’est alors qu’un ensemble de bourgs entourant les principaux lieux de culte dont le plus important est localisé à l’emplacement de l’actuelle cathédrale. Outre cet édifice, plusieurs lieux de pèlerinage co-existent dès la fin du Ve siècle notamment le sanctuaire
de Saint-Chéron sur la rive droite de l’Eure et Saint-Martin-au- Val au sud-est.

À la mort de Clovis, Chartres intègre le royaume de Neustrie, créé lors du partage des terres entre les fils de Clovis.

Une ville en mutation

Cyrille Ben Kaddour (Éveha)

L a capitale de la cité gallo-romaine des Carnutes -Autricum est relativement bien connue grâce aux nombreuses observations archéologiques qui permettent de restituer la ville, avec ses rues, son théâtre, son forum, son grand sanctuaire et ses habitations riches et très décorées (domus) ou plus modestes (en terre et bois). De même, la ville des XIe-XIIIe siècles est également bien établie avec ses églises, son réseau de rues (qui a peu changé jusqu’à nos jours), ses ponts et son enceinte fortifiée.

En revanche, la représentation de Chartres entre ces deux périodes, c’est-à-dire le haut Moyen Âge (Ve-XIe siècles), est plus complexe. Comme dans la plupart des villes françaises, l’espace urbanisé se rétracte fortement à la fin de la période gallo-romaine, mais peu d’éléments probants permettent d’en comprendre l’organisation à Chartres. En effet, la fouille de sites localisés dans cet espace n’a pas révélé de vestiges de construction du haut Moyen Âge, seulement d’épais niveaux de « terres noires » ou de grandes fosses qui servent de dépotoirs. Un important fossé a priori défensif retrouvé Place des Epars et boulevard Chasles laisse supposer un espace fortifié. La superposition des rues actuelles à celles de l’époque antique permettent d’affirmer que ces dernières étaient aussi utilisées au haut Moyen Âge.




Une réappropriation des espaces

Émilie Portat (Chartres métropole)

Au Bas-Empire (fin IIIe - fin Ve siècles apr. J.-C.), la tradition romaine impose une séparation entre l’espace des morts et des vivants. Le modèle du début de la chrétienté présente ainsi une double organisation : ecclesia* primitive et basilica* suburbaine. À l’ecclesia, le rassemblement des fidèles, à la basilica celui des morts. À partir des VIe - VIIe siècles, certaines basiliques fixent une population hors de la ville. Cet habitat peut se présenter de diverses façons : soit par une transformation d’une partie des nécropoles* toujours utilisée en cimetière*, ou en réservant un lieu aux morts inséré au milieu des vivants. L’évolution des espaces funéraires se termine le plus souvent par l’édification d’une église. La construction d’une mémoire chrétienne se cristallise sur certains sites antiques par le biais des acteurs de l’Église chrétienne et de l’aristocratie laïque.

Exemples :
- la cathédrale installée sur le forum antique ;
- l’église Saint-Martin-au-Val dont le premier édifice est implanté près du centre de la cour sacrée du sanctuaire gallo-romain ;
- le cimetière Saint-André implanté dans l’amphithéâtre antique ;
- l’église de Saint-Chéron, localisée sur un espace funéraire antique.

Glossaire
*Ecclesia : l’Ecclesia du début de la chrétienté désigne la communautécdes chrétiens et par extension l’édifice dans lequel elle se réunit.
*Basilica : la Basilica des chrétiens renvoie aux édifices religieux situés extra-muros et qui abritent le corps des saints, c’est-à-dire les reliques.
*Nécropole : le terme désigne à un espace funéraire en dehors de l’espace des vivants qui accueille tous les morts.
*Cimetière : le terme s’entend dans sa définition chrétienne et renvoie ainsi à un espace funéraire consacré, béni et réservé peu à peu aux seuls chrétiens.



Détruire pour re-construire

 Bruno Bazin (Chartres métropole)

À Chartres, comme dans bon nombre d’autres villes, le paysage reste marqué par la romanité. À cette période, les vestiges des monuments emblématiques et des grandes demeures aristocratiques subsistent encore aux yeux des habitants. Dans ce cadre architectural hérité, de nouvelles constructions mérovingiennes s’implantent. Si la majorité de l’habitat est en bois et en torchis, certains édifices religieux ou de prestige s’installent dans les ruines gallo-romaines et utilisent des matériaux récupérés.

L’église Saint-Martin-au-Val, qui succède à un grand sanctuaire antique, illustre ce réemploi, principalement dans le domaine de la pierre.

Les fouilles récentes ont révélé un édifice mérovingien daté du VIe siècle qui réutilise des blocs et des moellons calcaires issus de ce sanctuaire antique. La technique d’agencement s’inspire de l’opus vitatum* employé à la période gallo-romaine. Dans la crypte, on note aussi la présence de bases et de fûts de colonnes d’époque antique.

Le souvenir de la sculpture de l’Antiquité préside à la plastique du seul chapiteau d’époque mérovingienne encore conservé. Des motifs traditionnels de style corinthien comme la feuille d’acanthe, les perles et pirouettes ou les oves sont sculptés dans un style évolutif. Enfin, certains sarcophages dégagés lors des fouilles de la nef et datés des VIe - VIIe siècles recyclent des blocs architecturaux du
sanctuaire antique. Évidés et rassemblés deux par deux, ils constituent ainsi le réceptacle funéraire de la sépulture.

 

Glossaire

*opus vitatum : style de construction qui consiste à poser des pierres de forme carrée ou quadrangulaire sur des assises horizontales

Les fours à chaux du boulevard Chasles

Vincent Goustard, David Labarre (Inrap), Jean-Michel Morin (CD 45), Hervé Sellès (CD 28)

La fabrication de la chaux utilisée pour la confection de mortier dans la construction est illustrée par une fouille réalisée boulevard Chasles (Inrap) à Chartres.

Huit fours à chaux construits sur un même mode ont été mis au jour. Ils sont en usage entre le début du VIIIe et le IXe siècles.

De plan allongé, ils sont orientés du nord-est au sud-ouest avec des aires de travail dans un sens ou dans l’autre. Il s’agit de fours à tirage vertical constitués d’une chambre de cuisson à base enterrée et à sole* semi-suspendue. La chambre de calcination était chauffée par la base au moyen d’un conduit axial. Une ouverture maçonnée marque la liaison entre la chambre de chauffe et l’aire de travail à partir de laquelle le foyer était alimenté. La chambre de cuisson, partiellement enterrée, présente une banquette périphérique. Elle est destinée à recevoir la sole. Celle-ci est constituée de blocs de récupérations (colonnes et demi-colonnes, éléments d’entablement ou caniveau).

L’ensemble du calcaire calciné, constitué de moellons, est issu du démantèlement d’édifices antiques. Le nombre de fours implique de grands volumes de production. Leurs aires de travail débouchent systématiquement dans l’un ou l’autre de deux grands fossés d’enceinte, le premier ayant été assurément creusé entre la fin de l’Antiquité et la période mérovingienne. Ainsi, la chaux produite aurait pu servir dans l’édification ou la réfection d’une clôture de la ville. Ce mur semble attesté aux
 Xe - Xe siècles par les sources littéraires, tandis que l’enceinte du XIIe siècle en reprend localement le tracé.

Glossaire :

*Sole : partie réfractaire horizontale d'un four sur laquelle on place les pièces à réchauffer.



Vue d’une chambre de cuisson constituée d’un assemblage de blocs et de traverses qui occultent partiellement le canal de chauffe de façon à laisser passer la chaleur tout en supportant la charge à calciner. Les pierres utilisées dans la construction sont issues d’un édifice antique monumental démantelé (colonnes ou demi-colonnes, entablement et caniveau). Ici, un tambour de colonne est réutilisé pour constituer le linteau de la sole. Les constructions urbaines sont aussi utilisées comme source d’approvisionnement pour le calcaire et le marbre à calciner. (Crédits : Inrap - Cœur de Ville 2003-2004).


L'église Saint-Martin-au-Val et les élites

L'église de Saint-Martin-au-Val

Bruno Bazin (Chartres métropole)

L’église de Saint-Martin-au-Val est située à 1 km au sud-est du centre-ville de Chartres. Installée sur les ruines d’un grand sanctuaire gallo-romain, elle est aujourd’hui le seul vestige qui subsiste d’un monastère. Pour comprendre cet édifice majeur de la topographie chrétienne de Chartres, un programme de recherche a été mené entre 2013 et 2018 sous la forme d’un sondage archéologique ouvert au milieu de sa nef.

Ces cinq premières campagnes de recherche définissent l’existence d’un édifice public daté du VIe siècle apr. J.-C. qui pourrait s’apparenter à l’église évoquée dans la Vie de saint Lubin. Cet évêque de Chartres a été inhumé à l’intérieur de Saint-Martin-au-Val au milieu du VIe siècle. Il s’agirait alors ici d’un des premiers édifices chrétiens observé sur Chartres pour cette période. Cette construction est sans doute à mettre en relation avec plusieurs sarcophages datés de la seconde moitié du VIe siècle jusqu’au IXe siècle. Sur les 22 sarcophages dégagés dans un espace relativement réduit dans la nef de l’église actuelle, 18 ont été fouillés. Les études des sarcophages en pierre, des objets et des squelettes mettent en évidence la cohérence d’un groupe correspondant à une élite chrétienne.

Les vestiges des périodes postérieures sont très ténus. L’église du XIe siècle est caractérisée essentiellement par les fondations des piliers de la nef. Une phase d’embellissement est perceptible entre les XIIe et XVe siècles. Au milieu des XVIIe et XIXe siècles, l’édifice est reconstruit et restauré.

 

 

Les élites

Alexis Corrochano, (Éveha)

Les élites du haut Moyen Âge sont rarement représentées dans les sources écrites, les mosaïques, les reliquaires. Elles sont principalement connues par la fouille de sépultures, parfois richement dotées.

Au début de l’époque mérovingienne, le mobilier funéraire est un véritable marqueur social et de genre. Les sépultures masculines sont caractérisées par la présence d’armes, d’objets de parure de style coloré ou cloisonné, de vaisselle en verre ou en bronze, tandis que les bijoux, les fibules, les perles identifient les sépultures féminines.

À partir de la fin du VIe et au VIIe siècles, ce sont les objets en fer à décors damasquinés* qui sont les plus répandus dans les tombes riches. Les matières précieuses sont plus rares, mais la richesse des décors témoigne des modes de l’époque et d’un certain statut social.

L’étude du mobilier funéraire permet, dans des cas exceptionnels, d’identifier les plus hauts personnages de l’époque. Quelques sépultures royales mérovingiennes ont ainsi été découvertes, caractérisées par un très riche mobilier dont des bagues sigillaires qui indiquent le titre de ces personnages, comme dans le trésor de Childéric découvert à Tournai en 1653 ou la sépulture d’Arégonde découverte à Saint-Denis en 1959.

À partir de l’époque carolingienne, ce sont les textes, les constructions civiles et castrales et les fondations religieuses qui nous renseignent le mieux sur les élites.


Glossaire :

*Décors damasquinés : incrustations de petits filets d’or, d’argent ou de cuivre formant un décor.

Les funérailles d'une élite mérovingienne à Chartres

Émilie Portat (Chartres métropole)

Élites religieuses et laïques s’associent au début du haut Moyen Âge pour marquer leur autorité sur le territoire, notamment au travers de cérémonies funéraires fastueuses. En dehors de quelques très grands personnages, les sources littéraires sont silencieuses sur ce moment particulier de la chrétienté.

L’étude des sarcophages de Saint-Martin-au-Val a révélé l’existence d’une élite mérovingienne qui pare richement ses morts pour une exposition lors de la mise au tombeau. Diverses analyses ont montré l’onction* des corps par un baume composite destiné à en retarder la décomposition. Une telle préparation atteste une connaissance poussée de la préservation des corps et constitue une découverte majeure. C’est le témoignage d’une élite mérovingienne qui affirme son identité et sa mémoire, non seulement par la transmission de ses biens dans la mort, mais aussi par des gestes funéraires élaborés.

Glossaire :

*Onction : action qui consiste à enduire le corps d’une substance. Ici, une substance destinée à retarder la putréfaction du corps et à retarder les stigmates de la mort.

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Hygiène et santé

Émilie Portat (Chartres métropole)

Les écrits sur l’hygiène pour le haut Moyen Âge sont réduits. L’archéologie permet d’en préciser les connaissances par la découverte de mobilier lié aux soins du corps comme les épingles, spatules ou peignes, mais aussi par l’analyse des restes osseux qui autorise une observation plus précise des conditions d’hygiène.

L’étude des squelettes de l’église de Saint-Martin-au-Val a ainsi montré que, bien qu’il s’agisse d’une population de haut rang social, les individus n’ont pas bénéficié de soins dentaires, entraînant des pathologies diverses : caries, stomatite tartrique*, parodontose*. L’analyse biologique a aussi révélé des épisodes de carences alimentaires : déficits en protéines, avitaminoses* multiples, fortes fièvres et infections. Les anémies peuvent aussi résulter d’une infestation parasitaire. C’est ce qui a été mis en évidence par une analyse du sédiment contenu dans plusieurs sarcophages. La présence d’oeufs de parasites d’herbivores souligne ainsi des problèmes d’hygiène et de péril fécal* liés à l’utilisation de rejets d’origine animale pour amender les cultures.


Glossaire :

*La stomatite tartrique : inflammation de la muqueuse buccale d’origine bactérienne qui va produire du tartre et à terme provoquer la perte des dents.
*La parodontose : lésion inflammatoire de l’appareil de soutien ligamentaire et osseux des dents. Il entraîne à terme un déchaussement des dents et donc une perte de celles-ci.
*Une avitaminose : maladie induite par une carence en vitamines. Les avitaminoses multiples correspondent donc à des carences multivitaminiques.
*Le péril fécal : les maladies dites de «péril fécal» proviennent de l’eau contaminée, d’aliments contaminés par l’eau et des mains sales. Il s’agit d’affections d’origine virale, de maladies bactériennes et de maladies parasitaires. Leur risque est directement lié aux conditions d’hygiène.

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La vie à la campagne

De la ville à la campagne

Cyrille Ben Kaddour (Éveha)

Si peu d’éléments sont connus sur l’habitat au coeur de la cité chartraine du haut Moyen Âge, plusieurs fouilles permettent de se faire une idée de la façon d’habiter et de produire en périphérie immédiate de la ville (Saint-Cheron ou le Bourgneuf) ou à quelques kilomètres (Gellainville «Le Radray», Amilly-Mainvilliers, Mignières, etc).

La transition entre la ville - fortifiée ou non - et la campagne n’est pas nette. L’espace loti aux portes de la ville peut être qualifié de suburbium, sorte de faubourg plus ou moins lâche. Ce dernier est habité mais aussi exploité, notamment pour la production viticole. Ainsi, la première mention de vigne apparaît dans l’inventaire des biens de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près rédigé vers 823 - 828. La production viticole était probablement largement encadrée par les communautés ecclésiastiques (notamment le chapitre de Notre-Dame et l’abbaye Saint-Père-en-Vallée).

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Les pratiques agraires

Julie Rivière (Chartres métropole)

La période antique a vu croître la culture du blé nu, principale céréale utilisée pour le pain avec l’épeautre. Au début du Moyen Âge, la diversification des cultures annuelles et régionales se développe. Deux céréales concourent au renouvellement des pratiques : l’avoine et le seigle.

L’agriculture du Bassin parisien privilégie la production du blé nu et du seigle. Avant le VIIe siècle la culture de l’avoine fait l’objet de nombreuses discussions. À partir du VIIIe siècle, son statut de plante domestique est confirmé. Sa production semble se développer comme un élément clé de la pratique émergeante de l’assolement triennal*. Il est aussi possible qu’elle soit largement produite en qualité de plante fourragère, pour répondre à l’accroissement de l’élevage équin observé à cette période.

 

Glossaire :

*Assolement triennal : alternance de trois cultures sur un même terrain.

Des animaux aux champs et dans l'assiette

Julie Rivière (Chartres métropole)

Aux champs !

La diminution des troupeaux de moutons est observée dans la région. L’évolution des usages alimentaires s’est certainement conjuguée ici à une moindre utilisation de la laine, pour la confection de vêtements.

Dans l’assiette !

L’essor de la chasse permet de distinguer les habitats paysans des sites élitaires. En effet, ces derniers sont les seuls à livrer des restes de grands gibiers (cerf, sanglier, etc.), auxquels s’ajoute une part plus importante de restes de porcs et de jeunes animaux. Sur les habitats plus modestes, le bœuf constitue l’essentiel de l’apport en viande, bien que la part du porc augmente dans les assiettes.

Au poulailler paysan, strictement composé de coqs et parfois d’oies, s’oppose la basse-cour élitaire, qui se signale par la présence d’oiseaux d’ornement tels que le paon. Poissons, coquillages et crustacés d’eau douce sont absents des habitats ordinaires de notre région. Cela peut s’expliquer par la raréfaction des réseaux de commerce à longue distance tels qu’ils existaient dans l’Antiquité.


L'artisanat

Dépôt (des pots) mérovingiens à Chartres

Ingrid Renault, Chartres métropole

La vaisselle de cuisine et de service nous renseigne sur les modes, les influences et les échanges commerciaux.

L’achèvement de l’Empire romain (476) marque la fin des productions diffusées à grande échelle.

Les poteries sont désormais réalisées dans un contexte domestique ou communautaire. Si une certaine continuité persiste, la présence de populations ou d’influences germaniques sur le territoire se manifeste par la diffusion de nouvelles formes et de nouveaux choix décoratifs. Les formes typiques de cette époque sont des vases biconiques décorés à la molette ou au poinçon sur la partie supérieure (frises avec personnages, animaux, motifs géométriques, végétaux, chrétiens).

Les fonctions du vaisselier du haut Moyen Âge

Les usages sont variés et dépendent souvent des formes : vase de préparation (jattes, mortiers), de cuisson (pots globulaires), de stockage (pots) ou de service (cruches, vases souvent lissés et pouvant être décorés ou écuelles).

La « postérité » de la poterie

La poterie sortie de l’atelier aura une utilisation plus ou moins courte mais une postérité de plusieurs centaines d’années ! Par ailleurs, elle est très utile pour les archéologues car elle fournit de précieux indices de datation.

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Tissage, textiles et vêtements


Alexis Corrochano (Éveha)

Lors des fouilles archéologiques, les restes organiques (textiles, cuir, bois) sont rares et préservés du temps dans des circonstances particulières, notamment par la minéralisation au contact des objets métalliques fortement corrodé.

L’étude des échantillons de textiles minéralisés découverts en fouilles (église de Saint-Martin-au-Val, fouilles de la Mare-des-Saules à Allonnes) permet de décrire les techniques de fabrication et les systèmes de production textile. Il semble que la chaîne opératoire ait été, dans la tradition antique, essentiellement féminine.

Outre les fibres animales comme la laine, le lin, facile à cultiver, est couramment employé. Après la récolte, la plante subit différents traitements pour pouvoir être tissée :

 

-Le rouissage : macération dans un plan d’eau pour libérer les fibres des tiges. Exemple d'une expérimentation à l’archéodrome de Beaune en 2003 (Fabienne Médard, ANATEX, Sierentz).

 

 

 

-Le broyage et le teillage : après séchage, séparation et récupération des fibres. (Ci-contre exemple de séchage. Expérimentation à l’archéodrome de Beaune en 2003 (Fabienne Médard, ANATEX, Sierentz))

 

 

-Le cardage : démêlage les fibres.Ci-contre expérimentation de M.-P. Puybaret à Samara (Fabienne Médard, ANATEX, Sierentz).

 

 

-Le filage : obtention des fils.

 

 

-Le tissage : les tissus présentent de multiples armures (toile, sergé) et peuvent finalement recevoir une finition. (Ci-contre, tissage avec plaquettes à Marle (Marie-Cécile Truc, Inrap))

Au-delà des restes de vêtements minéralisés découverts dans les sépultures d’époque mérovingienne, d’autres objets fournissent des indices sur la fabrication de textiles au sein des habitats : dents de peigne à carder, fusaïoles, pesons, broches, épingles, lissoirs en verre, etc.

A la mode de chez nous !

Alexis Corrochano (Éveha)

Les manières de s’habiller au haut Moyen Âge sont inégalement connues. Dans les sources, le vocabulaire est souvent limité tant pour les hommes (on rencontre parfois les mots tunica et toga) que pour les femmes (palae : grande pièce de tissu servant de châle ou de manteau). C’est l’archéologie funéraire qui livre de nombreuses informations, notamment par la présence ou l’absence d’objets discriminants (fibule, etc.), voire de matières organiques (tissus ou cuirs minéralisés). La parure et les accessoires de costume sont d’une grande importance, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Ils témoignent d’un goût marqué pour les bijoux et les objets richement décorés, dont les formes et les évolutions traduisent des influences dites ethniques ou régionales.

L’évolution du costume peut être retracée, tout spécialement pour les tombes féminines. Au début de la période mérovingienne par exemple, la mode féminine est au port de deux paires de fibules, l’une attachée sur le haut du vêtement, l’autre placée sur la taille ou le bassin. À la fin de cette période, seule une fibule est portée sur le haut du corps. À partir du VIIIe siècle, la mode vestimentaire est surtout connue par les manuscrits enluminés. L’usage de la cotte à manches longues portée au-dessus du genou se généralise. Elle est accompagnée de braies ou de chausses, parfois de chaussures en cuir.

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L'art du métal

Alexis Corrochano (Éveha)

Le travail du fer, les bas-fourneaux de réduction et les ferriers sont mieux connus que les ateliers de forgeron. Ces derniers ne laissent en effet que peu de traces archéologiques. Ce sont surtout les scories* et les objets (outils, couteaux, clous, etc.) abandonnés qui fournissent le plus de renseignements.

Le travail des alliages cuivreux (par exemple le bronze) est réalisé par les fondeurs, celui des métaux précieux est effectué par les orfèvres. Leurs productions sont surtout connues grâce à la fouille des sépultures mérovingiennes qui livrent des accessoires vestimentaires et des objets de parure métallique.

 

Glossaire :

*Scories : Résidu solide provenant de la fusion de minerais métalliques.

Les objets en bronze et en métaux précieux

Alexis Corrochano (Éveha)

Les accessoires vestimentaires et les objets de parure découverts dans les sépultures mérovingiennes sont généralement en bronze (ou en alliage à base de cuivre).

Pour confectionner de tels objets, un modèle était d’abord réalisé dans un moule bivalve (en argile, en pierre ou taillé dans un os de seiche, etc.) dans lequel étaient également aménagés des couloirs d’échappement des gaz (un entonnoir de coulée et des évents) pour éviter l’explosion.

Le métal en fusion était coulé dans ce moule. Une fois refroidi, le moule était ouvert ou brisé pour en libérer l’épreuve. Ce sont surtout les déchets de l’atelier qui donnent des indications précieuses sur le mode de production de ces objets : fragments de moules en terre cuite, ratés ou chutes de découpes, modèles en plomb, etc.

S’il s’agit essentiellement d’objets en alliages cuivreux, il n’est pas exclu que l’artisan ait pu couler des métaux précieux : les techniques ne sont pas fondamentalement différentes et les cas d’association de savoir- faire sont fréquents à cette époque. Le laiton pouvait être préféré au bronze pour les objets de parure, sans compter la pratique de l’étamage ou de l’argenture, qui permettait d’imiter les exemplaires plus riches en leur conférant l’aspect de l’argent ou de l’or. Enfin, d’autres méthodes comme le cloisonné*, l’émaillage* ou la gravure au burin permettaient d’intégrer des matières précieuses dans ces accessoires et objets de parure.

 

Glossaire :

*Cloisonné : travail d’orfèvrerie faisant appel à la pose de petites cloisons pour y intégrer des pierres précieuses ou semi-précieuses.
*Émaillage : procédé consistant à déposer sur un support (métal, etc.) une couche vitreuse, transparente ou colorée, l’émail.

La damasquinure

Alexis Corrochano (Éveha)

Le damasquinage est une technique qui consiste à appliquer un décor stylisé ou géométrique en métal sur une plaque en fer (garniture de ceinture, etc.). Il s’agit souvent d’un fil en métal précieux (argent ou laiton) incrusté dans les sillons de la pièce métallique à décorer. Cette technique est apparue en Orient et a été importée par les Romains à la fin de l’Empire, mais c’est à la fin du VIe et au cours du VIIe siècle qu’elle a connu son apogée en Europe occidentale.

On distingue deux procédés :
- l’« incrustation » du fil. La plaque en fer à décorer est stabilisée sur un support en bois, à l’aide de clous. Deux techniques distinctes sont connues : la technique « monochrome » (incrustant le fil sur la plaque en fer) et la technique « bichrome » (incrustant le fil sur des plaques ou feuilles d’argent elles-mêmes plaquées sur le fer).
-le « placage ». Il n’est pas employé seul pour décorer une plaque-boucle mérovingienne damasquinée, il semble être toujours employé en complément de l’incrustation. Les études les plus récentes montrent que les décors incrustés étaient certainement réalisés en préalable au placage.


Les objets en os

Alexis Corrochano (Éveha)

Des outils, ustensiles et objets décoratifs sont aussi réalisés à partir de matière dure d’origine animale (os, dent, ivoire). Il peut s’agir d’ustensiles de cuisine ou de toilette, de manches d’outils, d’épingles, d’aiguilles, de broches,de jetons, etc.

Cette production spécifique s’est développée au cours de l’époque romaine, avec l’essor des marchés et des boucheries qui ont produit de nombreux déchets osseux constituant la matière première de cet artisanat. L’os est ainsi le matériau principal de cette production qui s’appuie généralement sur la triade domestique (bovidés, porcidés et ovicapridés*), mais aussi cerfs et équidés.

Au cours de l’Antiquité tardive et de l’époque mérovingienne, la production d’objets s’est concentrée sur la confection de peignes, généralement à double denture, réalisés à partir d’os d’herbivores, de bois de cervidé et plus rarement à partir d’ivoire. À compter de l’époque carolingienne, les peignes sont plus fréquemment à denture unique et à dos arrondi, ils sont parfois munis d’un manche. Des plaquettes de coffret décorées de motifs géométriques, d’ocelles pointées*, etc. sont également produites.

 

Glossaire :

*Ovicapridés : groupe de mammifères associant les ovins (moutons) et les caprins (chèvres, etc.)
*Ocelle : vient du latin oculus et désigne un oeil de petit format ou tout élément décoratif ou stylistique qui s’y réfère.

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"Savoir-faire" et "Faire-savoir" : une plongée au coeur du laboratoire de conservation-restauration

Charlotte Hannotte (Chartres métropole)

Dans leur laboratoire, les restauratrices de la direction de l’Archéologie de Chartres métropole œuvrent pour dévoiler la vie mystérieuse de centaines d’objets exhumés chaque année par les archéologues. Elles tentent d’en redécouvrir les réalités disparues et les secrets de leur fabrication et de leur utilisation. Qu’il s’agisse d’une céramique protohistorique, d’une plaque-boucle en fer ou comme ici d’un gobelet en verre mérovingien, il n’est pas toujours facile de les identifier au premier regard.

Progressivement mis à sécher, nettoyés, consolidés, stabilisés et parfois même radiographiés, les objets entreprennent un véritable parcours de santé… Les moyens sont nombreux et variés et le laboratoire détient tous les équipements nécessaires à la restauration des différents matériaux archéologiques. La corrosion et les sédiments incrustés disparaissent des surfaces ferreuses grâce au micro-sablage ; les patines des bronzes réapparaissent sous les lames de scalpel acérées ou les passages doux du pinceau. L’invisible est rendu peu à peu visible et ces objets révèlent ici l’incroyable technicité des artisans mérovingiens.


Et après ?

Cyrille Ben Kaddour (Éveha)

À Chartres, comme ailleurs, le haut Moyen Âge ne s’achève pas brutalement à la fin de la dynastie carolingienne avec la mort de son dernier empereur, Louis V en 987. S’il est vrai que le pouvoir passe alors aux mains des Capétiens, l’archéologie montre qu’il existe clairement des continuités dans la configuration des villes et des campagnes mais aussi dans la manière de vivre et de produire de leurs populations jusqu’à la fin XIe et le début XIIe siècle.

Néanmoins, à Chartres, plusieurs grands changements ont lieu à partir du milieu du Xe siècle. Thibaut Ier (dit « le Tricheur »), comte de Tours et Blois s’empare en 960 du comté de Chartres (et de celui de Châteaudun, en passant). Très rapidement, il fait construire un château à Chartres (à l’emplacement de l’actuelle place Billard).

Par la suite, aux XIe et XIIe siècles, la ville se développe fortement, obligeant la construction d’une nouvelle enceinte fortifiée beaucoup plus grande.

Le parvis : l'utilisation d'une espace central de Chartres entre Antiquité et Moyen Âge

Cyrille Ben Kaddour (Éveha)

L’ intervention archéologique sur le Parvis de la cathédrale, effectuée entre 1990 et 1992, est la première grande fouille (près de 1000 m2) qui donne des informations sur le centre de la ville de Chartres au haut Moyen Âge.

Sur les ruines d’un grand bâtiment public et de constructions civiles antiques abandonnés vers le milieu du Ve siècle, de vastes fosses et des terres noires représentent les seuls témoignages de l’occupation de cet espace au haut Moyen Âge. Si elles ne permettent pas de restituer l’urbanisme et l’agencement des constructions, elles ont livré de nombreux restes mobiliers (métal, céramique et os animaux) renseignant sur la vie quotidienne des citadins. À la fin du Xe et au début XIe siècle, des bâtiments sur fondations en pierre sont érigés (peut-être déjà des maisons canoniales ?). Ces maisons sont détruites au XIIe siècle et l’espace est en partie réinvesti par les artisans chargés de reconstruire la cathédrale détruite par un incendie en 1134. Enfin, c’est après l’achèvement de la cathédrale gothique que sont construites les maisons canoniales dont certaines sont toujours visibles aujourd’hui.

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A voir ! Conférence "Les Mérovingiens en pays chartrain"

 
Commissariat général et scientifique
Direction l’archéologie Ville de Chartres et Chartres métropole

Laurent Coulon, directeur
Marielle Guinguéno, responsable animation-valorisation
Vincent Acheré, responsable scientifique
Bruno Bazin, responsable scientifique
Émilie Portat, anthropologue
David Wavelet, responsable scientifique

Inrap

François Capron, archéologue responsable de recherches archéologiques

Éveha

Cyrille Ben Kaddour, responsable d’opération
Alexis Corrochano, responsable d’opération

Rédaction des textes et illustrations
Direction de l’archéologie

Vincent Acheré, Bruno Bazin, Charlotte Hannotte, Anaïs Pinhède,
Émilie Portat, Ingrid Renault, Julie Rivière, David Wavelet

Inrap

François Capron, Vincent Goustard, David Labarre, Florence Tane,
Bruno Vanderhaegen

Éveha

Cyrille Ben Kaddour, Alexis Corrochano
Autres intervenants
Sacha Kacki (CNRS), Jean-Michel Morin (CD 45), Hervé Sellès (CD 28)

Dessins

Thierry Duchesne

Carte interactive

Laurent Costa (CNRS), Anaïs Pinhède (Chartres métropole)

Mobilier

Conservation-Restauration : Charlotte Hannotte et Marjorie Maqueda
Régie des collections : Isabelle Huchin-Godin (Chartres métropole)
et Joël Kerbaol (DRAC Centre-Val-de-Loire)
Soclage : Johann Verspuy

Assistance à la réalisation et montage

Paul Bridier, directeur des Affaires Culturelles
Philippe Bihouée, adjoint au Conservateur du Musée des Beaux-Arts
Julia Bigot, développement des Publics
Direction de l’archéologie : Albina Entwistle, Alain Louvieaux, Marie Lusson,
Fanny Pennarun
Les équipes du Musée des Beaux-Arts, le service entretien
et maintenance bâtiments, le service logistique et mécanique.

Médiation culturelle

Fanny Pennarun et Albina Entwistle

Communication et conception graphique

Direction de la Communication : Frédérique Piolot,
Sophie Grelet, Stéphane Lebouché, Claire Lugand,
Jean-Baptiste Maradeix, Maïté Rakotoarisoa
Direction de l’archéologie : Valérie Dangreville

Remerciements

La Direction de la Ville de Chartres remercie tout particulièrement
pour leur implication scientifique et technique sur ce projet :

Direction Régionale des Affaires Culturelles

Service Régional de l’Archéologie : Stéphane Révillion, Christian Verjux,
Joël Kerbaol
Irène Jourd’Heuil et le Service des Monuments historiques
pour le prêt de la plaque de Calétric

Inrap

Antoinette Navecth-Domin, Bénédicte Pradat

Autres structures

Fabienne Médard, ANATEX, Sierentz
Djamel Hellal et Centre Sciences


Et l’ensemble des équipes de la Ville de Chartres
et Chartres métropole qui nous ont assistés sur ce projet.

Autour de l'exposition

Dernières visites de l'exposition avant fermeture !
-mercredi 19 mai 2021 à 16 h
-Jeudi 20 mai à 18 h
-Vendredi 21 mai à 16 h

Tarif plein : 6 €
Tarif réduit : 3 €

Informations et réservations au 02 37 23 41 75

C'herloQ

Pour en savoir plus sur les sites de Chartres et son agglomération présentés dans cette exposition, plongez-vous dans la carte interactive C’herloQ !

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