Nos découvertes : vestiges et collections

Rue des Grandes-Filles-Dieu

La Direction de l'archéologie de la Ville de Chartres a réalisé en 2011 une fouille rue des Grandes-Filles Dieu en amont d'un projet d'aménagement. Ce secteur est désormais bien connu par les archéologues pour la densité de ses vestiges antiques.

Des premiers aménagements...

Dès l'époque d'Auguste (27 av. et 14 ap. J-C.), une voie de circulation est installée dans le secteur. Cette voie se présente sous la forme d'une bande de cailloutis de silex damés bordée sur un côté par un caniveau. De l'autre côté, des vestiges d'un artisanat lié aux arts du feu, peut-être la métallurgie, ont été identifiés.

À partir de 15 apr. J-C, la voie est agrandie. Au milieu du Ier siècle apr. J.-C., elle atteint sa largeur maximale c'est-à-dire 16 mètres, avec une chaussée de 8 m de large et deux trottoirs de 4 m de large. L'installation d'un de ces trottoirs a nécessité l'apport de remblais et dans le même temps la pente du terrain est nivelée pour créer une terrasse.

À Un atelier de potier Antique

Sur ce terrain à lotir, un bâtiment allongé est construit au milieu du premier siècle apr. J.-C. Il mesure 6 m de large et de 22 m de long dans l'emprise de la fouille, mais il était probablement plus grand. La découverte de plusieurs fosses d'implantation de tours de potiers dit semi-enterrés permet d'affirmer qu'il s'agit d'une zone de fabrication des poteries. C'était une unité de production importante car 19 emplacements répartis dans deux pièces ont été retrouvés.

La zone de tournage a été utilisée jusqu'à la fin du premier siècle apr. J.-C., ensuite le bâtiment est modifié et les tours abandonnés. Soit parce que la zone de tournage est déplacée soit parce que les tours ne sont plus installés dans des fosses mais sur des supports hors-sol. Ceci ne marque donc pas la fin de l'atelier car la découverte sur place de ratés de cuissons indique que l'atelier est toujours productif.

Le site est progressivement abandonné à partir du IIIe siècle apr. J.-C., période de rétractation du tissu urbain, constatée sur plusieurs sites chartrains à cette époque.


Jusqu'à la reprise de l'urbanisme au XIXe siècle, le terrain est rendu à la culture et est exploité comme vergers et jardins par l'évêché.